23 octobre 2017

14 propositions pour financer la rénovation énergétique

Le Plan bâtiment durable vient de remettre au ministère du Logement un rapport sur le financement de la rénovation énergétique des logements privés. Il formule quatorze propositions pour atteindre l’objectif de 500 000 rénovations par an.

Comment atteindre l’objectif de 500 000 rénovations énergétiques de logements par an fixé par les pouvoirs publics ? C’est la question sur laquelle ont planché les équipes du plan bâtiment durable (PBD). Ces réflexions ont donné lieu à un rapport intitulé « Financements de la rénovation énergétique des logements privés et déploiement du tiers financement ». Philippe Pelletier, président du PBD, l’a remis en mains propres, le 21 mars, à la ministre du Logement, Emmanuelle Cosse.

Les auteurs du rapport formulent une série de 14 propositions visant à encourager le financement de ce type de travaux, afin qu’en 2050 l’ensemble du parc immobilier soit au niveau bâtiment basse consommation (BBC). En 2014, 288.000 rénovation « performantes ou très performantes » ont été achevées dans le parc de logements privés.

 

Une stabilité indispensable des dispositifs d’aide

Philippe Pelletier appelle notamment les pouvoirs publics à stabiliser la politique en matière de dispositifs fiscaux d’aide à l’investissement. Le PBD estime ainsi qu’il faut maintenir en l’état l’éco-PTZ individuel et collectif en copropriété, et aussi permettre aux particuliers, pour les cinq années à venir, de pouvoir cumuler sans conditions de ressources éco-PTZ et Crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE). Les auteurs estiment en effet que la mise sous conditions de ressources « assez restrictives » du cumul est à l’origine d’un ralentissement important de la distribution d’éco-PTZ. « L’essentiel est qu’un régime stable soit édicté, pour les cinq ans à venir, seul de nature à permettre qu’une dynamique de rénovation s’installe », résument les équipes du PBD.

En effet, le fait que ces dispositifs soient toujours susceptibles d’évoluer d’une année sur l’autre décourage les copropriétaires à y avoir recours. C’est spécialement le cas pour le CITE, d’après les experts du plan bâtiment durable. « L’instabilité dans le temps du dispositif, au regard du temps long des décisions en copropriété, conduit les syndicats de copropriétaires à ne pas pouvoir prendre en compte, dans le montage financier du projet, le CITE ». Il faudrait donc « fixer le régime du CITE applicable (…) au jour du vote desdits travaux en assemblée générale de copropriétaires ».

 

La clé du tiers-financement

Le rapport consacre par ailleurs plusieurs pages à la question du tiers-financement. Pour rappel, ce dispositif consiste à proposer une offre de rénovation énergétique qui inclut le financement de l’opération et un suivi post-travaux, de telle sorte que le propriétaire n’a rien à financer car les économies d’énergies futures remboursent progressivement tout ou partie de l’investissement. Un mode de financement qui n’en est qu’à ses débuts. Pour le dynamiser, le PBD appelle à « engager, à l’échelle des régions volontaires, une action collective de développement du tiers-financement, dans l’objectif de mutualiser l’action et les moyens vis-à-vis des autorités de tutelle et autres autorités publiques ».

De nombreux autres leviers d’actions sont évoqués dans le rapport, comme par exemple la mobilisation des notaires et agents immobiliers pour sensibiliser à la rénovation énergétique les futurs propriétaires, lors d’une transaction immobilière (le PBD cite en exemple le récent « green deal » entre le ministère du Logement et Orpi).

Autre piste : mieux structurer les initiatives locales de financement de la rénovation énergétique par l’utilisation de dispositifs de droit « souples », comme le contrat d’innovation durable (ou « green deal »), la charte d’engagement volontaire ou l’inscription des projets dans les plans bâtiment durable régionaux.